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  • : Children of Mamoridou
  • : Children of Mamoridou est un projet d'alphabétisation d'une école primaire dans le Sud de la Guinée-Conakry à Mamoridou, El Hadj Filani Mamadi Camara.
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  • Liza Leyla est traductrice et auteure multilingue, elle est membre de la presse mondiale et collabore à diverses revues. Elle est marraine d'une école primaire à Mamoridou dans la préfecture de Beyla
  • Liza Leyla est traductrice et auteure multilingue, elle est membre de la presse mondiale et collabore à diverses revues. Elle est marraine d'une école primaire à Mamoridou dans la préfecture de Beyla
16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 11:41

Version française d'une thèse sur Stendhal, par Muylaert Eliza

copyright : Eliza Muylaert, dite Liza LEYLA

LL-Edition, Edition chez l'auteur, Bruxelles, 2021

Disponible chez l'auteur. 

Cheminement d'un libre-penseur, d'une grande passion. 

Thèmes à découvrir dans la Table des Matières en annexe.

Dépôt légal KBR : 13/08/2021

 

Je me permets de présenter le texte de Marcel Detiège – suite à sa demande - à propos de mon livre sur Stendhal.

J’apprécie beaucoup le style du journaliste Detiège qui excelle dans différents genres littéraires. On le connaît de ses articles très élaborés et enrichissants, laissant la piste ouverte à d’autres analyses et questionnements sur des auteurs belges dans quantités de revues littéraires (l’A.E.B. lui doit de nombreux recensements). Ses romans psychologiques nous plongent dans l’amertume de la violence morale : « Le Petit Plus est mort » (Ed. Table Ronde, 2007), « Le Juge pénitent » (Ed. Table Ronde, 2011). « Les Poètes du Second Rayon », « Le Blason de l’Éditeur » nous mènent à des questionnements sur l’écriture et l’édition. « La Malle aux Souvenirs » est un coffre-fort magique rempli de poèmes ; c’est que Marcel Detiège écrit des poèmes originaux dans un style précieux, teinté d’ironie.

Detiège pratique l’art de la maïeutique socratique pour faire basculer la Tour d’Ivoire des auteurs belges qui se réfèrent encore trop souvent aux modèles clichés qui étouffent leur dynamisme créatif.

Son élixir de jeunesse réside dans son langage provocateur et enthousiaste qui ne sombre pas dans un embourgeoisement sclérosé. Ses écrits témoignent d’un engagement social, libre de slogans stériles et doué de l’œil critique aux riches facettes de l’envol libérateur sur les ailes de l’indicible. A noter que Marcel Detiège est l’époux de la ballerine Annie Kestemont, auteure d’un sublime livre intitulé « Paillettes et Misère » (voir compte-rendu dans mon blog).

Grand merci à Marcel Detiège qui favorise l’écriture et la créativité.

 

 

Arrière-plan philosophique de l’œuvre de Stendhal1

par Eliza Muylaert

 

Eliza Muylaert – en poésie « Leyla » - nous est bien connue.

On pouvait la rencontrer souvent aux soirées de l’A.E.B. quand celles-ci ne se trouvaient pas contrariées par le coronavirus. Originaire de Flandre orientale, elle est devenue l’une de nos auteurs d’expression francophone les plus prolifiques.

Elle a publié des recueils de poésie d’un humanisme chaud et solaire. Traductrice multilingue, elle est doctorante en philosophie et membre de l’O.M.P.P. (Presse internationale).

Elle nourrit pour Stendhal un intérêt savant ; et le présent ouvrage en témoigne sans que son admiration ne vienne adhérer son objectivité.

Aux pages d’une analyse fouillée, dans un style limpide qui prouve sa clarté d’esprit, elle campe son héros dans un siècle traversé d’idéologies sensualistes, tâchant à percer l’origine des idées, ainsi que les lois qui en procèdent, afin de connaître la mécanique et le fonctionnement de l’animal humain.

Destutt de Tracy, Helvétius, Condillac, Cabanis, Maine de Biran, voilà autant de noms qui firent et illustrèrent, en grande partie, le 18ème siècle dédié à la science et la pédagogie. Stendhal, dit notre auteure, serait le produit de toutes ces influences.

Il leur doit, en tout cas, son matérialisme et son athéisme.

 

*

De vrai, Stendhal est un de ces écrivains (Joubert, Baudelaire, Amiel, Rimbaud…) qui de leur vivant firent considérés comme des grands ratés, et qu’un retournement de fortune littéraire, frisant le snobisme, a transformé en génies associés, dieux nuncupatifs, dont les autels dans le transept de la postérité, ne défleurissent pas.

Né Henri Beyle, Stendhal est une personnalité contrastée, à la fois viveur et mélancolique. Romantique par l’exaltation de son « moi », allant jusqu’à la négation de toute contrainte, la grande affaire de sa vie est l’amour, dont il n’a pas trop à se féliciter, n’en ayant retiré jamais de satisfactions positives.

Trop cérébral amoureux pour mener à bien une aventure banale, il collectionne les échecs qu’il magnifie (la cristallisation) dans le culte de la Beauté et de la Vérité qu’il décrit en majuscules.

Au bout du compte, trop exigeant pour se contenter de ce qui suffit à tout le monde, savoir, comme disait Renan, que « l’on ne trouve beau que ce que l’on aime, comme vrai ce à quoi l’on croit », il désire de vive force par le jeu des sensations poussées à l’extrême, connaître le mot de ce prodige qui après nous avoir transporté au comble de l’excitation, et fait toucher au sublime, jusqu’à l’éblouissement, le malaise, l’étouffement (le syndrome de Stendhal2), nous précipite dans la grisaille et la médiocrité dès que s’éteint la passion.

Don Juan intellectuel, tout entêté de lui-même il se conduit en dandy narcissique, jugeant de tout, et des femmes et de l’amour, à la jauge des passions, criterium d’une vie digne d’être vécue à ses yeux On connaît ses grands romans : « Armance », « Le Rouge et le Noir », « La Chartreuse de Parme », « Lucien Leuwen »…

On connaît moins ses écrits fugitifs, articles qu’il donnait aux revues anglaises sur différents sujets : la littérature (« Racine et Shakespeare »), la peinture (« Histoire de la Peinture en Italie »), la musique ( « Les Vies de Haydn, Mozart et Métastase »)…

Cette frénésie éditoriale ne le fait reculer ni devant la compilation pure et simple, ni le plagiat en bonne forme.

Mais il sera beaucoup pardonné pour avoir beaucoup apprécié le fruit du travail d’autrui, Obsédé de gloire, son modèle est l’homme à bonne fortune, Napoléon, dont il rêvera d’écrire la vie.

Sur le plan littéraire, il n’est pas un écrivain, disons-le comme nous le pensons, dans le sens commun que l’on donne à ce mot.

C’est le reproche que lui fera Victor Hugo, de ne s’être jamais demandé ce que c’est qu’écrire.

Au demeurant, il n’a pas écrit – ce qui s’appelle écrire - tous ses romans véritablement, mais les a dictés, ce qui est très différent, quand la dictée conférerait un mouvement qu’on ne rencontre pas dans une écriture soignée et travaillée.

Honoré de Balzac, qui était un « galérien de la plume », bien que différent de lui, sur cet article, ne lui mesurait pas son admiration.

On le comprend mieux d’un Mérimée qui s’institua son disciple, et porta jusqu’à ce réalisme que l’on reconnaît aux romanciers américains, pour en faire l’éloge, la sobriété le dépouillé du style . Nous en avons dit assez.

Voici un bel ouvrage qui mériterait une publicité autre que celle de bouche à oreille qui accompagne les œuvres de qualité, mais composées avec cette probité d’esprit, que l’on ne rencontre que dans ce qui est destiné à soi seulement.

Marcel Detiège

1Chez l’auteure

2Le syndrome de Stendhal se réfère à l’expérience vécue par Stendhal lors de son voyage en Italie où il connut l’évanouissement à l’étape de Florence

 

TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos : premières impressions de l'œuvre de Stendhal

Introduction

Chapitre I : L'influence des idéologues et des sensualistes sur la Filosofia Nova : analyse raisonnée et intuition romantique

1) L'activité intellectuelle de Stendhal

2) Trois philosophes du Siècle des Lumières qui influencèrent Stendhal :

a) Helvétius et le sensualisme

b) Destutt de Tracy et l'idéologie

c) Cabanis et la physiologie

3) « Armance » ou la fusion de l'esprit des Lumières et de l'esprit romantique

 

Chapitre II : L'esthétique dans l'œuvre de Stendhal

 

1) Le genre romantique et la rupture avec le classicisme

2) La poétique stendhalienne, basée sur le sensualisme d'Helvétius

3) L'influence de l'habitude sur la sensation et la perception : Maine de Biran

4) Le principe de la relativité de la beauté

 

Chapitre III : L'érotisme dans l'œuvre de Stendhal

1) L'érotisme en général :

a) Le langage de l'âme : le mythe

b) L'illusion dans l'expérience amoureuse

c) Le problème de la mort : érotisme et religiosité

d) Éros et Thanatos et la philosophie des extrêmes

 

2) L'érotisme dans l'œuvre de Stendhal

a) La passion chez Helvétius et Stendhal

b) La passion dans l'essai de Stendhal «De l'Amour»

c) L'italianisme de Stendhal

 

Chapitre IV : L'ambiguïté du penseur-aventurier

1) Le moi comme totalité dans le langage : virtualité et actualité

2) Le point de vue ambigu de l'ironiste : la libération de l'objectivité par la poésie

Conclusion

Épilogue

La photo représente une peinture de Liza LEYLA, 

"Cristallisation stendhalienne", concept essentiel de l'oeuvre de Stendhal. 

 

 

 

 

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